Après des études de philosophie et aux Beaux-Arts de Rueil-Malmaison, Nathalie Christophe Dao a travaillé dans le champ de la mode, collaborant avec des maisons de luxe et créant sa propre marque. Elle développe aujourd’hui une pratique de la peinture figurative attentive à la construction de l’image et à la présence de la figure.

Sa peinture se concentre principalement sur des portraits de femmes. Les figures sont hiératiques, frontales, inscrites dans un espace pictural autonome. Elles ne sont pas engagées dans une action ni dans un récit ; elles sont contenues, maintenues dans un temps suspendu. Leur présence s’impose la posture et sur une relation directe au regard.

La couleur occupe une place centrale dans son travail. Elle est utilisée comme un élément de structure de l’image, en lien étroit avec la figure et la surface picturale. Les palettes sont franches et assumées, contribuant à la densité et à la tenue de l’ensemble.

La fleur est un motif récurrent dans sa peinture. Elle n’est pas traitée comme un ornement. Elle intervient comme une force plastique qui traverse, encadre ou recouvre partiellement la figure. Sa présence introduit une tension entre une apparence fragile et une capacité de persistance. Par son cycle et sa répétition, la fleur inscrit l’image dans un temps qui dépasse celui du corps humain.

Son travail dialogue avec la tradition du portrait, notamment celui de la Renaissance, par la frontalité des figures, la stabilité de l’image et l’attention portée à la présence du corps. Cette approche s’inscrit dans une culture visuelle contemporaine, nourrie par le rapport à l’image, au vêtement et à la surface.

La relation à la mode traverse sa pratique sans s’y substituer. Les tissus et les matières issus de l’univers vestimentaire sont utilisés comme supports ou intégrés directement à la peinture. Ils interviennent comme des éléments plastiques à part entière, engageant la surface de l’image et la manière dont le corps y est cadré et présenté.